Expiation par Ian McEWAN (2001)

Publié le par Restling

4ème de couverture : Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Finis les contes de fées et les mélodrames de l'enfance. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour ne se recroiser que cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. La brutalité du réel va faire mûrir Briony. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ?

Je me fais souvent la réflexion (et je pense que je ne suis pas la seule, non ? ) qu'il est beaucoup plus simple d'expliquer pourquoi on n'a pas aimé un livre plutôt que l'inverse. Peut-être est-il plus facile de pointer du doigt les défauts concrets qui ont gêné notre lecture que de parler d'une ambiance, d'un sentiment général, un tout qui fait que le livre devient un coup de coeur.
Ian McEWAN décrit à merveille les sentiments de ses protagonistes, leur questionnements, leurs errances et même leurs ébats (j'ai trouvé la scène du "coin tranquille dans une bibliothèque" extrêmement sensuelle). Il trouve les mots justes et le lecteur comprend ainsi chaque acteur de l'histoire le plus intimement possible. Il sait mettre en lumière ses principaux personnages, sans toutefois laisser totalement dans l'ombre les personnages secondaires, mais en les éclairant juste assez pour que l'attention se recentre sur Briony, Cecilia et Robbie.
Le récit est divisé en 4 parties. La première noius présente le déroulement de cette journée de canicule où tout a basculé, adoptant tour à tour le point de vue de plusieurs personnages. On sent à chaque mot, à chaque phrase, l'intensité monter mais sans savoir où tout cela va nous mener, excepté que ce sera dramatique.
La 2nde partie se déroule 5 ans plus tard, en pleine retraite des armées britanniques de France. Nous accompagnons Robbie, jeune soldat, sur les routes de France, marchant, parfois délirant, et surtout réfléchissant, se remémorant les 5 années passées et envisageant son avenir. Cette partie est très émouvante et dure à la fois car en quelques symboles, Ian McEWAN fait ressortir l'horreur de cette guerre s'abattant gratuitement sur des civils innocents.
Ensuite, vient le récit de Briony, en 1940, récit qui à mes yeux constitue la clé de voute de l'ensemble du roman.
L'histoire aurait parfatement pu s'arrêter là et ce roman aurait tout de même été un énorme coup de coeur. Mais Ian McEWAN rajoute un épilogue, se déroulant en 1999, près de 60 ans après les faits. Et cet épilogue remet tout en question, nous montrant à quel point le romancier a tous les pouvoirs.


Publié dans Romans

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T
Dans la PAL, je le prends en vacances.
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R

Tu vas donc passer de bonnes vacances !


L
Ah ça... s'il est comme le mien, ce n'est pas une mince affaire ;-)))
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R

Je crois que la seule solution va être d'attendre un soir où il est absent de la maison...


L
J'avais adoré ! Je n'ai pas vu le film, mais cela me tente aussi.
Quand à la facilité ou pas d'écrire sur un livre que l'on a aimé, je trouve que c'est plus dur quand je n'ai pas aimé, parce que je ne veux pas "casser" l'auteur en disant juste que le bouquin est nul, mais je cherche à trouver des arguments pour étayer mon avis, et là, parfois, j'ai du mal...

mon billet sur Expiation : http://liliba.canalblog.com/archives/2009/05/18/index.html
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R

Je n'ai pas vu le film mais j'ai acheté le DVD et il ne me reste plus qu'à convaincre mon mari de le regarder avec moi !


C
pas très drôle en effet...par contre, j'ai fait une faute de frappe. Je voulais dire: "je veux bien un petit conseil pour m'y remettre"....
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R

Bon au moins, je note que le livre n'est pas un livre comique (mais je m'en doutais un peu). Pas de problème pour la faute de frappe, j'avais saisi l'idée.


C
Moi aussi j'avais adoré "Amsterdam" mais aussi "Délire d'amour". moyen pour "un bonheur de rencontre"
Par contre, impossible pour moi de terminer "Samedi"...Je vais bien un petit conseil pour m'y remettre...
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R

J'ai noté Délire d'amour, le titre est marrant (mais peut-être que le livre ne l'est pas...).