Délicieuses pourritures par Joyce Carol OATES (2002)

Plus je lis Joyce Carol OATES, plus j'aime son écriture, ses histoires, sa vision incisive du monde.
Dans ce roman, j’ai retrouvé la même ambiance, parfois les mêmes thèmes que Dans Confessions d’un gang de filles : de nouveau des jeunes filles, désireuses d’admirer et de révérer quelqu’un, des faits relatés des années après s’être produits par quelqu’un qui était au cœur des évènements, la preuve que l’on survit, même la petite tâche de sang dans l’œil du Pr Horrow rappelle celle dans l’œil de Legs.
Mais là où dans Confessions d’un gang de filles, ce besoin d’idolâtrer donnait lieu à une solidarité féminine très forte, ici il tombe entre les mains d’un couple malsain, qui abuse du pouvoir qu’il a sur ces jeunes filles.
Les étudiantes deviennent des rivales, des ennemies, se jalousant, s’espionnant et leur individualité les rend d’autant plus vulnérables.
Le déroulement du récit se fait un peu à la manière d’un film. On commence par une scène se déroulant en janvier 1976 puis on revient 4 mois en arrière et on déroule la chronologie des évènements jusqu’à revenir à la même scène que nous percevons différemment la seconde fois.
Encore un roman fort et magnifiquement bien écrit. Merci Joyce Carol OATES !
"Elles avaient été droguées. Comme moi.
Elles avaient été amoureuses. Comme moi.
Elles garderaient toujours leurs secrets. Comme moi.
Nous sommes des bêtes et c'est notre consolation."