Michael Tolliver est vivant par Armistead MAUPIN (2007)
4ème de couverture : Michael Tolliver est vivant. Ses amis se sont perdus dans l'excès ou sont morts du sida. Lui a survécu à tout. Il a rencontré Ben, l'amour de sa vie. Mais sa famille se refuse toujours à accepter son homosexualité. Lorsque la mère de Michael tombe malade, c'est pourtant lui qu'elle appelle à ses côtés en Floride. A San Francisco, sa mère spirituelle, Anna Madrigal, réclame sa présence. Il est alors confronté à un dilemme : dort-il rester auprès d'Anna ou accompagner dans ses derniers instants cette mère qui l'a tant rejeté ? Les six premiers volumes décrivaient le San Francisco mythique des années 70 et 80, terrain de toutes les expériences amoureuses et sexuelles. Vingt ans après, l'insouciance s'est envolée, le sida est passé par là. Avec ce mélange de drôlerie, de légèreté et de gravité qui est sa marque, Maupin clôt cette extraordinaire aventure littéraire dans ce septième et dernier épisode des Chroniques de San Francisco.
Tout a commencé il y a environ 6 ans quand celui qui allait devenir mon mari m'a parlé des Chroniques de San Francisco. Pour voir, juste pour voir, je suis allée m'acheter le 1er tome. Et là, je suis tombée sous le charme de Barbary Lane. Déjà aussi monomaniaque qu'aujourd'hui, j'ai enchainé avec les 5 tomes suivants puis j'ai lu les 2 autres romans écrits par Armistead MAUPIN. Et là, allez savoir pourquoi, je me suis mis dans la tête qu'Armistead MAUPIN était mort du Sida...
Et la semaine dernière, en feuilletant mon magazine télé (lecture hautement intellectuelle et enrichissante ;-)...), je lis Sortie en librairie de Michael Tolliver est vivant par Armistead MAUPIN.
1ère réaction : "C'est quoi ce délire ?"
2ème réaction : "Euh finalement, l'est ptêt pas mort le monsieur..."
3ème réaction : "Bonjour Madame la libraire, je vous dois combien ?"
Et je termine à l'instant ce 7ème tome des Chroniques de San Francisco.
Alors plusieurs impressions : tout d'abord, Armistead MAUPIN change de style. Au lieu d'une narration à la 3ème personne du singulier passant d'un protagoniste à l'autre, l'histoire est cette fois racontée directement par Michael à la 1ère personne du singulier, plus de doute possible quant à l'identité du héros de ces Chroniques.
Michael, sorte de double romancé de Armistead MAUPIN, est un homosexuel de 55 ans, séropositif mais qui n'a pas déclaré le Sida, venu vivre à San Francisco dans les années 70. Il y a trouvé sa vraie famille, sa famille de coeur, par opposition à sa famille de sang.
En même temps, dans ce 7ème tome, 18 ans après le précédent, Michael trouve enfin sa place auprès de sa famille de sang en tant que gay. Après 30 ans, sa mère et son frère vont finalement l'accepter pour ce qu'il est (il y a une scène particulièrement émouvante, et pourtant très succincte, vers la fin du livre concernant un geste symblique de sa mère envers lui).
J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir les personnages des Chroniques de San Francisco (avant de lire ce livre, j'ai relu le 6ème tome afin de me remettre dans l'ambiance) mais j'ai également été un peu frustrée.
A 55 ans et avec la narration à la 1ère personne, Michael a perdu de la naïveté que j'aimais tant chez lui.
D'autre part, ce qui m'a gênée, c'est le nombre de scènes de sexe, écrites de manière très crue, ce qui n'était pas le cas dans les précédents tomes. Alors petit distingo, ce n'est pas du tout le fait que ce soit exclusivement des scènes homosexuelles, c'est plutôt le fait que Michael ait 55 ans qui m'a gênée. Un peu comme si un vieux pote à vous vous refilait une vidéo de ses ébats intimes, en ajoutant à cela le côté "senior". Alors oui je sais, tout le monde d'avoir une sexualité, et celle que chaucn veut en plus, mais moi je reste mal à l'aise à l'évocation de la sexualité des plus de 50 ans... :-) Enfin bref, il n'y a heureusement pas que ça dans ce roman.
Mais au final, je reste ravie par cet ultime tome (enfin ultime à voir, Bye-bye Barbary Lane était déjà censé clore la série) des Chroniques de San Francisco.
Chaque personnage a trouvé sa voie et son bonheur et le titre sonne comme un cri de victoire : Michael Tolliver est vivant. Pour mon plus grand plaisir...