Beloved par Toni MORRISON (1987)

4ème de couverture : "Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d'un bébé..." A Bluestone Road, près de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flaques de sang, des gâteaux sortent du four marques de l'empreinte d'une petite main de bébé. Dix-huit ans après son acte de violence et d'amour maternel, Sethe l'ancienne esclave et les siens sont encore hantés par la petite fille de deux ans qu'elle a égorgée. Jusqu'au jour où une inconnue, Beloved, arrivee mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d'exorciser son passé. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli.
C’est un magnifique roman très bien écrit qui vous prend aux tripes ; un merveilleux récit d’amour filial, intense, irraisonné de la part d’une femme (une esclave) qui n’aurait pas du se le permettre, un récit de culpabilité, de fierté, de prise de conscience de sa condition.
On découvre au fil des pages ce qu’a été la vie de Sethe, la vie (et parfois la mort) de certains de ses compagnons noirs traités pires que des bêtes en raison de leur condition d’esclave.
Et malgré sa « folie », à la lecture de certaines scènes, on comprend son geste, son attitude.
Au début du roman, j’ai noté la phrase que voici :
« Dangereux, se dit Paul D, très dangereux. Pour une ancienne esclave, aimer aussi fort était risqué ; surtout si c’étaient ses enfants qu’elle avait décidé d’aimer. Le mieux, il le savait, c’était d’aimer un petit peu, juste un petit peu chaque chose, pour que, le jour où on casserait les reins à cette chose ou qu’on la fourrerait dans un sac de jute lesté d’une pierre, eh bien, il vous reste peut-être un peu d’amour pour ce qui viendrait après. »
Et l’affirmation énoncée là, a été pour moi le fil conducteur du récit.
Mon billet est un peu confus, il me semble, mais pour résumer mon impression, je dirais que c’est un très beau roman à lire absolument !!!