Les Hauts de Hurle-Vent par Emily BRONTË (1847)

4ème de couverture : Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses soeurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.
Waw ! Je repose ce roman et je suis estomaquée ! Je ne pourrais pas classer Les Hauts de Hurle-Vent comme un coup de cœur malgré que j’ai vraiment beaucoup aimé mais une chose est sure, c’est que je n’avais pas été « marquée » par un livre à ce point depuis longtemps.
Je remercie d’ailleurs Laetitia la liseuse de me l’avoir offert dans le cadre du Swap Victorian Christmas. De plus, l’édition est très belle avec une magnifique couverture et une préface et des commentaires des plus intéressants.
Roman noir s’il en est, Les Hauts de Hurle-Vent offre un tel étalage de sadisme, de cruauté, de tortures psychologiques que j’en ai souvent été oppressée.
Toute l’intrigue se déroule à huis clos et s’étale sur 40 années. Elle est presque entièrement narrée par des « témoins » de l’histoire et nous n’avons que très rarement le point de vue des principaux intéressés.
Nous n’avons donc que des transcriptions de dialogues, de faits et de gestes, de manifestations de passion incontrôlables mais jamais l’explication ou l’origine de leurs sentiments.
D’ailleurs, cela m’a un peu gênée quand même, Heathcliff et Cathy s’aiment passionnément, le disent (mais jamais l’un à l’autre), le crient, le revendiquent mais jamais ils ne le prouvent, ou ne l’expliquent. Est-ce vraiment de l’amour ou de la possession ?
Cependant, cette technique de narration n’en rend ces scènes que plus intenses, plus prenantes, parfois à la limite de l’exagération.
Heathcliff en est l’exemple frappant, menant une vengeance personnelle et machiavélique qui n’épargnera personne, ni son propre fils, ni même la fille de celle qu’il a tant aimée. Il n’a de cesse que de faire payer à ceux qui lui ont fait subir un terrible affront dans sa jeunesse ainsi qu’à leur descendance et ne cherche qu’à les détruire, lentement si possible.
Pour cela, il emploiera tous les moyens à sa portée : domination physique et mentale, manipulation, tortures mentales infligées à ses victimes augmentées par la crainte quasi-divine qu’il inspire. Heathcliff joue avec les gens comme avec des poupées vaudous et n’en retire cependant aucun plaisir.
L’ambiance morbide du roman est parfaitement rendue par les conditions météorologiques : vent, neige, pluie, tempête…
Il y a beaucoup d’autres aspects à évoquer lorsque l’on parle de Les Hauts de Hurle-Vent mais n’étant pas critique littéraire de métier, je m’en suis tenue uniquement aux points qui m’ont le plus marquée.
En résumé, voici un classique que je ne suis pas prête d’oublier…