Podium par Yann MOIX (2002)
4ème de couverture : Roman burlesque sur les sosies, fable sur les années Cloclo, balade nostalgique au musée Grévin des icônes de la culture populaire, Podium raconte drôlement une histoire désespérée : comment le désir d'être célèbre est devenu la religion des temps modernes.
J'ai choisi ce titre pour le challenge ABC 2008 car j'ai adoré le film de Yann MOIX avec Benoit POELVOORDE, film que je n'ai pas touvé hilarant contrairement à la majorité mais très émouvant...
Et à la lecture du roman, je n'ai pas du tout retrouvé cette émotion. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas aimé, pas du tout mais j'y ai trouvé d'autres satisfactions.
Comme dans le film, Yann MOIX nous narre l'histoire de Bernard Frédéric, sosie de Claude François. Mais ici, Bernard Frédéric n'est ni attachant, ni poignant. Pas l'ombre d'un sentiment chez lui, pas le moindre respect pour les autres, ce clone de Claude François est détestable, hautain, radin, égoïste, coléreux (comme son idole pourront dire certains). En plus, il parle de manière détestable : vulgaire, phrases émaillées de fautes de grammaire, de syntaxe...
Heureusement, autour de l'histoire de Bernard Frédéric, l'auteur a construit de manière époustouflante un univers tournant autour de Claude François. Du claudisme (la science de la vie de Claude François) au C.L.O.C.L.O.S. (Comité Légal d'Officialisation des CLOnes et Sosies) en passant par le calendrier claudien, les quotas annuels de sosies, les sardounnades (aller "casser" du Sardou), Yann MOIX n'a laissé aucun détail au hasard. La description de l'examen de Claude François officiel (les disciplines, la prépa, les sujets, les options) est proprement hilarante.
Voilà où j'ai trouvé mon plaisir dans ce livre, je me suis retrouvée ailleurs, dans un monde parallèle, loufoque, totalement brulesque et farfelu.
A noter également une pointe d'émotion lors d'un passage vers la fin du roman où l'un des sosies se rend compte que jamais ils ne SERONT Claude François, qu'ils ne font que le magnifier et que si il pouvait revenir d'entre les morts, il ne serait pas lui-même à la hauteur de l'image qu'ils ont créée de lui.
Au final, je pense avoir été plus sensible au côté "comédie" de ce roman qu'à la réflexion sur l'envie d'être clèbre à tout prix, quitte à endosser la personnalité d'un autre.
"-Je serai Claude François ou rien !
Quand Victor Hugo s'était exclamé : "Je veux être Chateaubriand ou rien ! ", il entendait par là qu'il voulait devenir un aussi grand écrivain que Chateaubriand.
Moi je n'en avais rien à faire de devenir un aussi grand chanteur que Claude François : c'était vraiment Claude François que je voulais être."
"- Ecoute, y avait là une notoriété toute faite, hein, la notoriété de claude. Comme elle était libre depuis sa mort, je me suis dit qu'il valit mieux reprendre une notoriété qu'avait déjà servi, qu'était rodée, qu'avait fait ses preuves, plutôt qu'une notoriété hasardeuse. C'est dur d'en créer une nouvelle de notoriété."
Au cinéma : Podium par Yann MOIX (2004)