Marge Brute par Laurent QUINTREAU (2006)

4ème de couverture : Et si l'enfer n'était plus dans l'au-delà mais dans l'état-major d'une multinationale ? Onze cadres prennent la parole autour d'une table lors d'un sacro-saint comité de direction. Il y est question de dividendes, de restructuration et de licenciements. Mais aussi de l'intimité la plus triviale, des désirs les plus inavouables. Entre le quotidien minuté de la mère de famille et le cynisme dépravé du jeune branché, entre le désespoir glacé de la directrice du personnel, la perversion froide de la femme de pouvoir et les fantasmes libidineux du bellâtre bureaucrate, un seul point commun : chacun, du fond de sa frustration, est en guerre contre tous les autres. Au centre de cette Divine Comédie, tel une sorte de Lucifer boursier, trône Rorty, le président, " nettoyeur aux mains propres, serial-killer au regard d'azur ".
J’ai assez aimé ce petit livre, la vision claire et incisive de l’auteur sur le monde impitoyable (cliché mais tellement vrai) de l’entreprise. Ce qui m’a assez amusée aussi, c’est que je n’ai rien trouvé de caricatural dans ces situations.
Le livre est constitué de 11 chapitres : tout d’abord les 9 cercles de l’enfer (les salariés qui sont totalement à la merci de la firme car ils n’ont rien à quoi se rattacher au dehors ou rien de suffisamment fort) puis le purgatoire (je suis là mais je pourrais être ailleurs) et enfin le paradis (je suis là mais peu m’importe ce qui se passe, je suis heureux).
Chaque chapitre ne constitue qu’une seule et unique phrase, pas de point, ni de majuscule, juste les pensées du cadre concerné.
Juste un petit regret, je trouve que le style ne change pas assez selon le cadre qui nous livre ses pensées. On dirait qu’ils pensent tous de la même manière avec les mêmes mots et les mêmes constructions de pensée.
Mais c’est quand même un assez bon livre.