Deux doigts de mensonge par Ruth RENDELL (2005)
4ème de couverture : Kerstin Kvist, une jeune infirmière suédoise, vient d'être engagée dans une bien étrange demeure. La veuve, Mme Cosway, tyrannise ses trois filles célibataires qui vivent avec elle. Quant à la quatrième, elle ne dissimule pas son mépris lorsqu'elle leur rend parfois visite. Plus déconcertante encore est l'attitude de Mme Cosway à l'égard de son fils John, personnage triste et introverti que l'on gave de médicaments. "Il y a de la folie dans la famille ", laisse entendre l'une des filles. Mais Kerstin est décidée à venir en aide à John. Elle ne tarde pas à découvrir que chacun a des raisons de le maintenir isolé. De bien sinistres raisons...
Ruth Rendell est la seule auteure dont j’achète les œuvres dès leur parution en français et en grand format. Et là, je me suis un peu ratée puisque j’ai appris que son dernier roman était sorti en France en feuilletant un magazine féminin dans un salon de coiffure. Bref, je me suis précipitée pour l’acheter et j’ai passé une très agréable semaine à trainer son roman partout avec moi. Evidemment le grand format, ce n’est pas le top dans le métro pour lire debout quand il y a du monde mais je l’ai fait envers et contre tout et je n’ai pas regretté mes crampes à la main.
Encore une fois Ruth Rendell met en scène des personnages aux caractères très complexes et nous livre une formidable analyse des comportements et de la nature humaine. « Il y a de la folie dans la famille » Consway : Julia, la mère veuve qui se consacre en apparence à son fils ; John, le fils, abruti par les médicaments après un diagnostic (volontairement ?) erroné de schizophrénie ; les 4 filles : Ida, la « servante » affectée aux tâches ménagères de la maisonnée et qui ferait « n’importe quoi pour que ça change » ; Ella et Winifred, les vieilles filles prêtes à tout pour trouver un mari ; Zorah la benjamine qui cache un lourd secret, veuve d’un millionnaire, qui abuse du pouvoir que l’argent et le confort matériel qui en résulte lui procure sur le reste de la famille.
Et puis, il y a Kerstin, la narratrice, infirmière engagée pour s’occuper de John. Elle devient rapidement la confidente de Ella, en mal d’amies, et se retrouve ainsi au cœur des affaires de cette famille atypique.
Kerstin s’intéresse à l’analyse des caractères et cela, doublé de ses connaissances médicales et de son don pour la caricature (qui nous fournit une vision quasi photographique des protagonistes), nous permet de mieux comprendre les ressorts et mécanismes (l’argent et le pouvoir) qui conduiront les Consway vers leur destruction.
Ce que j’aime aussi chez Ruth Rendell, c’est que, quel que soit le sujet traité, elle est toujours très bien documentée (que ce soit la Chorée de Huntington, le métro londonien, l’hémophilie ou comme ici l’autisme).
Bref, ce fut un vrai plaisir de lire ce roman et vivement le prochain !!!