Underworld USA par James ELLROY (2009)

Publié le par Restling

Le retour ! Après presque un mois d'absence sur la blogosphère, me voici de retour !

Je remets mon Google Reader à zéro (j'ai du rater beaucoup de choses mais... c'est la vie ! ) et je me remets dans le bain.

J'ai par contre décidé d'abandonner tous les challenges auxquels je m'étais inscrite et que je n'ai pas encore débutés (et tant pis pour les jolis logos ! ) hormis le challenge Jacques Chesseix de Yoshi73 car j'ai déjà un livre chez moi.

Et le blog reprend son cours avec un coup de coeur (mais est-ce vraiment étonnant vu l'auteur en question ? ).


underworld usa4ème de couverture : 24 février 1964, 7 h 16 du matin à Los Angeles. Attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo. Quatre convoyeurs abattus, trois braqueurs morts ; le quatrième a pris la fuite en emportant seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes. C'est sur ce braquage, disséqué avec une maestria éblouissante, que s'ouvre Underworld USA, dernier volet de la trilogie commencée avec American Tabloid. Le narrateur reste dans l'ombre ; il a "suivi des gens, posé des micros et mis des téléphones sur écoute". Il nous prévient que le livre est fondé sur "des documents publics détournés, des journaux intimes dérobés, la somme de mon expérience personnelle et quarante années d'études approfondies". Le récit lui-même peut alors commencer, suite directe d'American Death Trip. Eté 1968 : Martin Luther King et Robert Kennedy ont été les victimes de conspirations meurtrières. La Convention démocrate de Chicago est sabotée par des spécialistes en coups fourrés. Howard Hughes s'est fait escroquer dans le rachat des casinos de Las Vegas par la mafia. Les militants noirs se préparent à l'insurrection dans les quartiers sud de Los Angeles, et le FBI, toujours sous la houlette de J. Edgar Hoover, utilise tous les moyens pour les détruire. A la croisée de ces événements, le destin a placé trois hommes : Dwight Holly, l'exécuteur des basses œuvres de Hoover, Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d'héroïne, et Don Crutchfield, jeune détective obsédé par les femmes. Dwight, Wayne, Don : leurs vies s'entrechoquent sur la piste de Joan Rosen Klein, la "Déesse rouge", et chacun d'eux paiera "un tribut élevé et cruel à l'Histoire en marche". En 131 chapitres et cinq parties au titre aussi évocateur que provocateur, ce roman noir et politique reconstruit les années les plus tourmentées de l'Amérique du XXe siècle, avec une largeur de vision et une profondeur stupéfiantes. Underworld USA est la flamboyante conclusion de la trilogie qui a placé James Ellroy au rang des "plus grands écrivains américains d'aujourd'hui", selon le Los Angeles Times Book Review.

 

_Coup-de-coeur.jpgEvidemment, je ne pouvais que me jeter sur le dernier roman de Ellroy sorti en français, Underworld USA qui clôt avec brio la trilogie du même nom débutée en 1995 avec American Tabloid.

Même si la 1ère partie intitulée « Bordel organisé » qui met en place les personnages et l’intrigue dans un certain contexte politique, a été un peu ardue à suivre, j’ai retrouvé le style percutant, intense de Ellroy qui est un virtuose de la phrase courte et rythmée comme une respiration.

« Le vol redevint stable. L’avion descendit. Tout à coup, une grande clarté. Bon sang. L.A. était vraiment superbe. »

Ce dernier opus est vraiment magistral. Ce qui aurait pu n’être qu’un fouillis sans nom de personnages aux motivations et aux personnalités aussi variées qu’intenses devient entre les mains de Ellroy une gigantesque et magnifique intrigue aux multiples implications.

Le terme adapté et qui revient très souvent dans Underworld USA est « confluence » : « Confluence.[…] C’est qui tu connais et qui tu suces et de quelle façon ils sont tous liés les uns aux autres. ». Le livre entier n’est que « confluence » et un seul des personnages connaitra réellement toute l’histoire (mais je ne dirai pas lequel).

« Lui, […], est le lien entre des évènements ahurissants et d’une importance capitale. Personne ne le sait et tout le monde s’en moque. Il a relié entre eux une série de crimes déconcertants. »

Le lecteur, quant à lui, dispose d’une vision d’ensemble qui s’éclaircit petit à petit mais sans pour autant arriver à reconstituer l’entière vérité avant la toute fin.

Dans cet opus, les femmes sont omniprésentes, « Cherchez la femme. » pour citer une expression chère à Ellroy. Trois femmes marquent le roman : Mary Beth Hazzard et ses « yeux pailletés de vert » dans lequel les hommes peuvent se perdre ; Karen Sifakis dont les très belles pages du journal intime émaillent le roman et qui est vraiment mon personnage préféré parmi tous ; et enfin Joan Rosen Klein, une « pacifiste née de parents communistes ou une braqueuse manquée ». « L’affaire tournait tout entière autour d’Elle. La femme aux cheveux striés de gris était Tout. »

Les personnages masculins ne sont pas en reste : Wayne Tedrow, homme ambigu s’il en est, à la fois tueur de « nègres » et prêt à tout pour une femme noire ; Dwight Holly, « le bras armé de la loi », au service de J. Edgar Hoover mais dont les buts (à défaut des convictions) sont également très proches de ceux de Joan, la « Déesse Rouge ».

Et enfin, le personnage le plus intéressant dans la mesure où l’on peut y voir une projection directe du romancier lui-même : Donald Crutchfield, un jeune détective privé, à la recherche de sa propre mère depuis des années, voyeur et suiveur de femmes.

Ellroy manie à merveille les langages adaptés à ses personnages tous aussi différents les uns des autres : une conversation entre Dwight Holly et J. Edgar Hoover sera aussi vraisemblable qu’une conversation entre racistes ou au sein d’un gang de truands.

La diversité des sources qui alimentent le roman (journaux intimes, articles de journaux, transcriptions de conversation officielles ou officieuses) en font une lecture riche tant du point de vue du style que du point de vue des informations fournies sur le contexte, le milieu, l’action et ses implications.

Lire Ellroy, c’est comme rentrer de plain-pied dans son Amérique, telle qu’il nous la raconte, telle qu’il la ressent.

Les dernières pages forment un final en feu d’artifice où tout s’accélère, une véritable apothéose.

J’ai d’ailleurs une petite anecdote à ce sujet. Alors que je finissais de lire ce livre, au moment de lire la dernière page, j’étais debout dans le métro quand j’entends à côté de moi « Tiens elle est plus avancée que moi dans sa lecture. ». Je me tourne et je vois un couple d’une quarantaine d’années dont l’homme tenait sous le bras Underworld USA. Je leur souris, leur montre que j’en suis à la dernière page et me replonge aussitôt dans ma dernière page (que je lis 3 fois comme à chaque fois que j’ai adoré un livre). Puis je referme le livre, un peu triste et là, le couple engage la discussion. C’était vraiment très sympathique, l’homme avait fait dédicacer son exemplaire par Ellroy himself et il avait eu l’occasion de lui parler quelques minutes. J’ai ainsi appris que le roman que Ellroy considère comme étant son meilleur est Le Grand Nulle Part (oui ben James je te rejoins totalement là-dessus !). C’était vraiment très sympa de pouvoir échanger comme ça à chaud, juste en refermant un livre.

 

« Tu ne peux pas continuer éternellement à courir à cette vitesse, parce qu’un jour, ça s’arrête, tout simplement. »

 

 

Publié dans Romans noirs

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D

Bonsoir, j'ai fini ce week-end ce roman. Cela m'a fait plaisir de replonger dans un roman d'Ellroy que j'avais abandonné quelque peu. Les 840 pages se lisent sans ennui même si c'est parfois un peu
répétitif. Au bout d'un moment, on frôle l'overdose en lisant les péripéties. C'est un peu bourratif. Mais bon, je l'ai lu, je suis contente et je me remets aux romans plus courts (et un peu plus
légers). Bonne soirée.


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R

Bonjour Dasola, effectivement, on peut parfois risquer de froler l'overdose mais les romans d'Ellroy sont tellement intenses et magistraux que je ne regrette pas du tout ma lecture (loin de là) !
Mais il est vrai que juste après, j'ai cherché des livres plus légers et digestes surtout.


C

Ah ! merci pour la suppression !! testons ça...   
ça marche !!
Tu comprends, c'est essentiel les smileys dans la vie...
Je vais devoir lancer un ChocoThon...


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R

Magnifique !!! Oui tu as raison, les smileys sont indispensables dans la vie !
Un ChocoThon ? Tiens-moi au courant quand tu le lances !


C

Merci pour ton soutien ! :D
Je vous écraserais toutes ^^

Bon sinon, tu sais que la barre OB pose un souci... ça empêche d'afficher la fenetre des smileys...
Pour info, tu peux la supprimer dans ta section administration. dans la partie configurer, tu as un rectangle en haut pour la gestion de cette barre et quand tu cliques sur le marteau, tu peux la
virer...
A bon entendeur... !


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R

Cécile cheerleader de Choco ! Pour ce qui est de m'écraser, tu devrais y arriver sans mal !
Alors c'est quoi cette barre toute pourrite qui empêche les smileys ?!? Je m'en vais de ce pas lui faire la peau selon tes instructions... Merci !


L


Heureuse de te lire à nouveau ! ;-)
J'ai bien reçu le livre et je n'avais absolument pas mérité ce superbe "Cahier d'idées folles et saugrenues" !! J'aime également beaucoup la carte !
!!! :D MERCI :D !!!



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R

Mais bien sur que tu l'as mérité ! Tu m'as gentiment prêté ton livre et puis ensuite tu ne m'as même pas remlancée alors que je m'étais comme endormie dessus !
Maintenant j'espère que tu as une tonne d'idées folles et saugrenues ! ^_^
Moi aussi heureuse d'être de retour !


V

C'est le premier avis totalement positif que je lis sur ce livre, blogs et média compris. Alors dire que j'ai follement envie de le lire serait mentir!


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R

Ah bon ? Je n'ai lu que des avis ultra positifs, blogs et médias compris (mais à ma décharge j'ai été absente de la blogosphère pendant 1 mois)...