La Rose et le Réséda par Louis ARAGON

Publié le par Restling

Dans le cadre des dimanches poétiques lancés par Celsmoon


Aujourd'hui, ce n'est pas Iseult mais Mango qui a guidé mon choix. En publiant L'étrangère de Louis ARAGON, elle m'a donné envie de relire La Rose et le Réséda mais également de le ré-entendre, interprété par La Tordue, un très émouvant souvenir de mes 20 ans...




LA ROSE ET LE RESEDA

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats

Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas

Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras

Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Du haut de la citadelle la sentinelle tira

Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat

Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas

Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa

Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima

Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas

L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura

Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera

Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla

L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda


Louis ARAGON - (1897-1982)




Publié dans Poésie

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S

J'adore. J'ai failli le mettre cette semaine pour ce dimanche poétik. Peut-être qu'un jour le craquerai et l'inserrerais quand même, pour le plaisir.


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R

Oui je te comprends, j'adore ce poème et cette chanson !


N

j'avais écrit un comm mais j"'ai l'impression que mon ordi me joue des siennes, ce soir! ou bien je clique trop vite, je disais que là au moins c'était des vois très mâmes par comparaison à
christophe whilseme il faut que je le vois pour savoir que c'est lui.. Y a pas à dire je préfère des voix bien masculines dans mes chanteurs. En tout cas belle poésie


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R

Aucun souci j'ai bien eu le 1er commentaire. Je suis contente que le poème te plaise.


N

alors là je ne connaissais pas du tout!!!quelle belle voix mâle whilseme a qu'a bien se tenir, quand je l'entends je pense que c'est tjrs une personne féminine qui chante!!c'est quand je vois sa
tête que je réalise!!!


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R

Moi Christophe Willem, c'est pas ma tasse de thé... Je préfère La Tordue.


C

Magnifique ! Je t'ajoute de suite !


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R

Merci pour ta belle initiative !


A

Oh merci, j'adore les textes d'Aragon :):)


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R

Mais je t'en prie profite !