Délicieuses pourritures par Joyce Carol OATES (2002)

Publié le par Restling

Délicieuses pourritures
4ème de couverture : Une prestigieuse université féminine de la Nouvelle-Angleterre dans les années 75. On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d'art et de poésie. Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui a décidé de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime. Il n'octroie ses compliments qu'aux confessions les plus osées ce qui génère surenchères malsaines et incidents ravageurs parmi des filles survoltées, avides de retenir l'attention - et plus - du maître. Tentatives de suicide, incendies inexpliqués, anorexie, somnifères, tous les éléments d'un drame annoncé sont réunis avec, dans un rôle d'une épaisseur glauque, la mystérieuse Dorcas, l'épouse - française - d'Andre, sculptrice, collectionneuse d'affreux totems. Et grande prêtresse de ces amours vénéneuses dont Joyce Carol Oates nous offre ici le récit haletant, à la morale superbement perverse.

Plus je lis Joyce Carol OATES, plus j'aime son écriture, ses histoires, sa vision incisive du monde.

Dans ce roman, j’ai retrouvé la même ambiance, parfois les mêmes thèmes que Dans Confessions d’un gang de filles : de nouveau des jeunes filles, désireuses d’admirer et de révérer quelqu’un, des faits relatés des années après s’être produits par quelqu’un qui était au cœur des évènements, la preuve que l’on survit, même la petite tâche de sang dans l’œil du Pr Horrow rappelle celle dans l’œil de Legs.

Mais là où dans Confessions d’un gang de filles, ce besoin d’idolâtrer donnait lieu à une solidarité féminine très forte, ici il tombe entre les mains d’un couple malsain, qui abuse du pouvoir qu’il a sur ces jeunes filles.

Les étudiantes deviennent des rivales, des ennemies, se jalousant, s’espionnant et leur individualité les rend d’autant plus vulnérables.

Le déroulement du récit se fait un peu à la manière d’un film. On commence par une scène se déroulant en janvier 1976 puis on revient 4 mois en arrière et on déroule la chronologie des évènements jusqu’à revenir à la même scène que nous percevons différemment la seconde fois.

Encore un roman fort et magnifiquement bien écrit. Merci Joyce Carol OATES !


"Elles avaient été droguées. Comme moi.

Elles avaient été amoureuses. Comme moi.

Elles garderaient toujours leurs secrets. Comme moi.

Nous sommes des bêtes et c'est notre consolation."

Publié dans Romans

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F
Je l'ai dans ma PAL et je compte bien le lire pendant mes vacances. Depuis le temps que j'entends parler de cette écrivain !
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R

Et ensuite, si comme beaucoup tu adhères, tu auras pléthore de titres pour alimenter ta LAL !!!


S
La formule sonne bien, mais elle est contradictoire puisque justement la perversion consiste à détourner, manipuler et corrompre toutes les morales !
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R

Je suis bien d'accord avec toi, d'ailleurs j'aurais bien été en peine pour l'expliquer !


L
Excellent livre, je l'ai lu il y a deux ans et j'avais eu un coup de coeur pour Joyce Carol Oates... depuis j'ai plein de titres dans ma PAL mais je ne les lis toujours pas !!! Hum...
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R

Hou ! Pas bieeeeeeeeennnnnnnn !!!
L'éternel problème de la PAL qui ne descend jamais !


S
Vraiment cela ne me tente absolument pas du tout!
Mais tu as des fomules pour en parler qui m'intriguent terriblement, ainsi cette " morale superbement perverse" qui est une vraie énigme pour moi...
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R

"la morale superbement perverse" ce n'est pas de moi mais de l'éditeur... J'aurais beaucoup plus de mal pour trouver de telles formules !


M
Je n'ai encore rien lu de cet auteur mais ton enthousiasme me donne envie de la découvrir bientôt.
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R

Tu ne devrais pas le regretter, c'est vraiment une bonne écrivain (e?) et en plus, elle est assez prolifique me semble-t-il...