Belle du Seigneur par Albert COHEN

Publié le par Restling

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Résumé : Ariane, jeune aristocrate protestante, a épousé Adrien, un petit bourgeois dont Solal, juif séducteur, est le responsable hiérarchique. Solal voudrait qu'elle l'aime vieux et laid. C'est sous l'apparence d'un vieillard édenté qu'il essaie de la séduire. Pour satisfaire son ambition, Adrien va tout faire inconsciemment pour favoriser leurs amours. Irrésistible, Solal l'est et Ariane succombe.

4ème de couverture : " Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante exceptionnelle femme aimée parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient.".
Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'œuvre de la littérature amoureuse de notre époque.


Un peu plus de 1000 pages qui se lisent selon moi très facilement tellement on est pris par l’histoire d’amour passionnée, passionnante et à la fois pathétique d’Ariane & Solal.
Albert Cohen sort des sentiers battus en nous décrivant une histoire d’amour atypique, deux personnages prisonniers du bel amour qu’ils ont eux-mêmes souhaité.
Je ne m’attendais pas du tout à cette évolution des personnages et le roman m’a tenue en haleine jusqu’à la fin même si je ne voyais pas d’autre issue que celle réservée par l’auteur.
Par contre, les monologues de plusieurs pages sans ponctuation peuvent rebuter mais ils donnent également un rythme à l’histoire et permettent de rentrer au plus profond de la psychologie des personnages en particulier de Solal.
Une adaptation cinématographique est prévue « prochainement », je suis pressée de voir ce que ce magnifique roman donnera en images…

« Traînant derrière elle des serpentins lancés, lentes algues de toutes couleurs, elle détachait parfois sa main pour rajuster sa coiffure et n’y parvenait pas, oh tant pis, et puis son nez brillait peut-être, oh tant pis puisqu’elle était sa belle, puisqu’il le lui disait. La belle du seigneur, se disait-elle, souriant aux anges. »

 

« Allons, vite, lui parler, ne plus rester devant cette fenêtre. Mais de quoi lui parler, de quoi ? Ils s’étaient tout dit, ils savaient tout l’un de l’autre. Ô les découvertes des débuts. C’était parce qu’ils ne s’aimaient plus, diraient des idiots. Il les foudroya du regard. Pas vrai, ils s’aimaient, mais ils étaient tout le temps ensemble, seuls avec leur amour.
Seuls, oui, seuls avec leur amour depuis trois mois, et rien que leur amour pour leur tenir compagnie, sans autre activité depuis trois mois que de se plaire l’un l’autre, n’ayant que leur amour pour les unir, ne pouvant parler que d’amour, ne pouvant faire que l’amour. »

 

Publié dans Romans

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R

Un excellent roman que Belle du Seigneur. Les passages sans ponctuation, si longs, et si...dérangeants, sont ce qui font le charme du roman. Une façon pour l'auteur de forcer le lecteur à se
plonger complètement dans l'esprit des personnages.
Tragique, mais si beau !!


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R

J'avais un peu peur au départ à cause de l'épaisseur du livre mais ça a été un véritable coup de coeur !